22/04/2008
Figure identitaire : Frédéric Mistral
Le grand poète de la Renaissance méridionale (une vingtaine d'oeuvres) est né à Maillane, le 8 septembre 1830, il prit à vingt-et-un ans "la résolution de relever de raviver en Provence le sentiment d'appartenance qu'il voyait s'annihiler sous l'éducation antinaturelle de toutes les écoles, de provoquer cette résurrection par la restauration de la langue naturelle et historique du pays et de rendre la vogue au provençal par l'influx et la flamme de la divine poésie". En prolongement des congrès de poètes d'Arles (1852) et d'Aix (1853), il fonde avec six de ses amis le Félibirge en 1854. Il publie en 1859 Mirèio, suivra l'éclatant hommage de Lamartine qui y consacre tout son 40e Entretien et la popularisation de l'oeuvre par l'opéra de Gounod.
L'Anthologie du Félibrige nous dit : "Il ne faut pas oublier que Mistral n'est pas seulement un grand poète : organisateur, diplomate, politique à larges vues d'ensemble, il est aussi un savant. Son Lou Trésor dou Félibrige, immense et complet de recueil de la langue d'Oc, a excité l'admiration de tout le monde intellectuel, et l'Institut lui a accordé un prix de 10 000 francs. En 1904 le prix Nobel de littérature lui est décerné, il en emploiera le montant au développement Arlaten, où depuis 1898, il réunit tout ce qui se rattache à la vie familière, aux coutumes, aux moeurs de la Provence". Le Museon Arlaten, lieu de mémoire, véritable sanctuaire de la civilisation provençale, est l'un des tous premiers grands musées d'ethnographie régionale.
Frédéric Mistral, de son vivant, connaît la reconnaissance de la nation et du peuple. Il reçut un triomphe en entrant dans le théâtre antique d'Arles, il assista à l'inauguratiuon de sa statue, le Président de la République lui rendit visite en 1913 à Aix, les étudiants dételèrent sa voiture s'exclamant : "Les chevaux tirent les hommes, les hommes portent les dieux !".
Lorsque survint le jour de sa mort à la veille de la Grande Guerre, le 25 mars 1914, un véritable deuil national s'installe, les drapeaux sont en berne et le glas retentit dans toutes les villes de Provence.
Aujourd'hui Mistral est traduit dans vingt-cing langues et cent-quatre-vingt universités dans le monde enseignent la langue d'Oc.
Des plaques commémoratives, une rue et une statue au Parc Jourdan témoignent de la fidélité de la ville d'Aix à la mémoire de Frédéric Mistral.
Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut.
Quand le Bon Dieu en vient à douter du monde il se rappelle qu'il a créé la Provence.
(Frédéric Mistral)
11:54 Publié dans Istòri e culturo provençalo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : frédéric mistral félibrige régionalisme identité provençale
20/04/2008
973 : la Libération de la Provence


12:37 Publié dans Istòri e culturo provençalo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guillaume 1er de provence invasion sarrasins islam resistance pr
24/01/2008
L'hymne de la Provence : Coupo Santo !
Avant le match de rugby du RCT, les Spartiates des tribunes du Stade Mayol à Toulon chantent notre hymne le Coupo Santo !
- Paroles de Coupo Santo :
Prouvençau, veici la Coupo
Que nous vèn di Catalan ;
A-de-rèng beguen en troupo
Lou vin pur de noste plant.
Coupo Santo
E versanto
Vuejo à plen bord
Vuejo abord
Lis estrambord
E l'enavans di fort !
D'un vièi pople fièr e libre
Sian bessai la finicioun ;
E, se toumbon li Felibre
Toumbara nosto nacioun.
D'uno raço que regreio
Sian bessai li proumié gréu ;
Sian bessai de la patrìo
Li cepoun emai li priéu.
Vuejo-nous lis esperanço
E li raive dóu jouvènt,
Dóu passat la remembranço
E la fe dins l'an que vèn.
Vuejo-nous la couneissènço
Dóu Verai emai dóu Bèu,
E lis àuti jouïssènço
Que se trufon dóu toumbèu.
Vuejo-nous la Pouësio
Pèr canta tout ço que viéu,
Car es elo l'ambrousìo
Que tremudo l'ome en diéu.
Pèr la glòri dóu terraire
Vautre enfin que sias counsènt
Catalan, de liuen, o fraire,
Coumunien tóutis ensèn !
Traditionnellement, on ne chante que le premier, le second et le dernier couplet. Pour le dernier couplet, il est coutume de se lever et de la chanter debout, plus lentement, avant de reprendre le tempo de départ pour le dernier refrain (plus rapide).
- Histoire du Coupo Santo :
C'est en 1867 que les Catalans offrirent aux Félibres provençaux une coupe d'argent en témoignage de gratitude pour l'accueil fait au poète catalan Victor Balaguer, expatrié pour raisons politiques, et aussi pour marquer l'amitié, toujours vive entre les deux provinces.
A la fin du banquet, à Avignon, Mistral lança un hymne pour remercier. Celui-ci est devenu l'hymne de la Provence, toujours chanté dans les cérémonies félibréennes.
La coupo, de forme antique, est une conque supportée par un palmier contre lequel s'appuient deux statuettes. L'une représente la Catalogne, l'autre la Provence. Elle fut faite grâce à une souscription de 1800 signatures et par le statuaire Fulconis qui ne voulut pas être payé lorsqu'il apprit le but patriotique de l'objet.
Au pied de chaque figurine, il y a les armoiries qui la désignent. On peut lire autour de la conque :
Présent offert par les patriotes catalans aux félibres provençaux pour l'hospitalité donnée au poète Catalan Victor Balaguer - 1867
Et sur le socle sont finement gravés les vers :
On la dit morte
Mais moi je la crois vivante.
V.Balaguer
Ah! si on savait me comprendre !
Ah! si on voulait me suivre !
F.Mistral
Je bois : à la Catalogne, notre sœur ! à l'Espagne, notre amie ! à la France, notre mère !
Ecoutez la version du Coupo Santo chantée par Patric (voir aussi notre radio-blog)
En savoir plus sur le Félibrige et Frédéric Mistral
20:00 Publié dans Istòri e culturo provençalo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09/01/2008
Les assiégés de Saint-Michel
[...] Et l'abbaye des Pères Blancs était devenue si populaire que, quand la République fit fermer les couvents (1880), un millier de paysans ou d'habitants de la plaine vinrent s'y enfermer pour protester en personne contre l'exécution des décrets radicaux. Et c'est alors que nous vîmes toute une armée en marche, cavalerie, infanterie, généraux et capitaines, venir, avec ses fourgons et son attirail de guerre, camper autour du couvent de Saint-Michel-de-Frigolet, et sérieusement, entreprendre le siège d'une citadelle d'opéra-comique, que quatre ou cin gendarmes auraient, s'ils avaient voulu, fait venir à jubé.
Il me souvient que le matin, tant que dura l'investissement, - et il dura toute une semaine, - les gens partaient avec leurs vivres et allaient se poster sur les coteaux et les mamelons qui dominent l'abbaye pour épier, de loin, le mouvement de la journée. Le plus joli, c'étaient les filles de Barbentane, de Boulbon, de Saint-Remy ou de Maillane, qui, pour encourager les assiégés de Saint-Michel chantaient avec passion, et en agitant leurs mouchoirs :
Provençaux et catholiques
Notre foi, notre foi, n'a pas failli :
Chantons, tous tressaillants,
Provençaux et catholiques
Tout cela, mêlé d'invectives, de railleries et de huées à l'adresse des fonctionnaires, qui défilaient farouches, là-bas, dans leurs voitures.
Frédéric Mistral, Mémoires et récits
L'histoire de l'abbaye de Saint Michel de Frigolet a été très tourmentée, et les bâtiments ont même été vendus comme biens nationaux durant la Révolution. Transformée en pensionnat, elle accueillit alors parmi ses élèves le célèbre auteur provençal Frédéric Mistral. Redevenue abbaye en 1856, elle connut néanmoins d'autres moments difficiles. Ainsi, au début du XXe siècle, la politique anticléricale du gouvernement aboutira en 1903 à l'expulsion de la communauté religieuse de Saint Michel de Frigolet. Les chanoines ne retrouveront leur abbaye qu'en 1922.
source : net-provence.com
22:45 Publié dans Istòri e culturo provençalo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24/12/2007
Les treize desserts du Noël provençal
Ce jour là, sur la table, trois chandelles brillaient, et si parfois la mèche tournait devers quelqu’un, c’était de mauvaise augure. A chaque bout dans une assiette, verdoyait du blé en herbe qu’on avait mis à germer dans l’eau le jour de la sainte Barbe. Sur la triple nappe blanche, tout à tour apparaissaient les plats sacramentels : les escargots (…) la morue frite et le muge aux olives, le cardon, le scolyme, le céleri à la poivrade, suivis d’un tas de friandises réservées pour ce jour là.
Les desserts provençaux du souper de Noël sont au nombre de treize comme les convives de la Cène. Leur composition peut varier en fonction des régions, des cantons, des villes et même des familles :
- raisins séchés ;
- figues sèches ;
- amandes et noix ;
- prunes de Brignoles
- poires d’hiver et pommes ;
- cédrats confits ;
- confiture de coings et confiture de fruits au moût de raisin ;
- nougat blanc (noisettes, pignons et pistaches) et nougat noir (miel) ;
- cachat piquant (fromage blanc) ;
- fougasses ;
- bugnes frites ;
- galettes au lait parfumées au fenouil et au cumin ;
- pompe à huile pour saucer le vin cuit.
Après le gros souper qui se termine par un verre de ratafia, la maisonnée prend la route de l’église pour la messe de minuit. La porte n’est pas fermée à clef. On laisse sur la table la troisième nappe et les reliefs du repas afin que les anges et les défunts puissent se restaurer.
Les trois nappes représentent les trois personnages de la Trinité, le décor est éclairé de trois bougies. Chaque personne les allume, la plus âgée commençant. Selon les puristes, il faut sept plats au souper de Noël en souvenir des sept plaies du Christ crucifié. La pompe à huile est un pain de fête préparé à la maison mais cuit chez le boulanger. Il s’agit de l’huile d’olive qu’on ajoute à la pâte confectionnée de farine, de levain, de sucre, de cassonade et aromatisée de zeste d’orange et de citron. On la déguste trempée dans du vin cuit. Les quatre mendiants sont composés de quatre fruits secs. Leur couleur sombre rappelle celle des robes des ordres des mendiants. On raconte que les raisins secs symbolisent les Dominicains, les amandes les Carmes, les figues les Franciscains, les noisettes les Augustins.
Les treize desserts sont souvent accompagnés de ratafia de cerises et de Carthagène.
Il ne reste plus qu’à nouer les quatre coins de la troisième nappe pour en faire un baluchon et apporter aux pauvres les reliefs du souper.
source : Novopress
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22/12/2007
D'où vient la langue provençale ?
Vers 600 avant J-C, les Grecs s'installent en Provence et à Marseille tout particulièrement (Massalia en grec, Massilia en latin). Auparavant, la région était peuplée de Celtes appelés aussi Ligures ou Celto-Ligures. Bien qu'ayant introduit le grec en Provence, les Phocéens apprirent le celtique pour communiquer avec les populations de l'intérieur. On prétend même qu'ils l'écrivaient avec des caractères grecs. Pour communiquer avec Rome, les Massaliotes adoptèrent également le latin, et à partir de la conquête romaine de la Provence (IIème siècle avant J-C), le grec et le latin sont enseignés dans les écoles. Quant aux gens du peuple, ils parlent ces deux langues conjointement avec le celtique : d'où le nom de trilingues qu'on leur attribua. A la chute de l'Empire romain et après les invasions barbares, un mélange de toutes ces langues a lieu dans l'ensemble du Midi, d'où résultera le provençal, qui, des troubadours du IXème siècle jusqu'au au Félibrige, ne cessera d'être admiré au delà de notre belle région.
23:05 Publié dans Istòri e culturo provençalo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







































